Joe a eu auprès de lui un gardien, un ami proche qui fut "bien seul" au moment du drame du 12 avril à la gare Centrale de Bruxelles, souligne le père de cet ami dans une "lettre à (son) fils et aux politiques" publiée aujourd'hui par les journaux "Le Soir" et "De Standaard". Le père de l'ami de Joe, qui a partagé toutes les démarches des parents du jeune homme, souhaite garder l'anonymat pour gérer le risque diffus qui pèse sur la sécurité de son fils, mais surtout pour lui assurer la reconstruction d'un avenir, précise-t-il.
Le père de l'adolescent, qui participera à la marche silencieuse de demain, se dit "très fier" de ce que son fils "a été capable de faire pendant et après le drame, malgré le chagrin et le choc engendrés par cette inqualifiable agression". "Je veux à tout prix t'aider à te construire un avenir dans un esprit et avec un message positifs. D'abord parce que l'amitié que toi et Joe avez fait grandir, entre vous et autour de vous, doit rester porteuse et exemplaire. Ensuite, parce que (...) les formules à l'emporte-pièce et les amalgames douteux portent en eux les germes d'autres victimes innocentes", souligne-t-il.
Evoquant également l'agenda politique, le père de l'adolescent souligne le caractère "défaillant" de l'outil de base, évoquant notamment des données statistiques "parcellaires" qui "ne reposent que sur des plaintes que souvent les victimes de faits moins graves n'osent ou ne peuvent déposer faute de personnel disponible, voire disposé à les enregistrer". Il pose dans la foulée la question de l'attitude à adopter face aux "quelques centaines de jeunes gens qui ont tracé leur territoire" dans l'espace public, "alors que les dispositifs mis en place depuis de nombreuses années pour les écouter n'ont pas d'effet sur eux", et celle de la responsabilité parentale qui alimente "le sentiment d'impunité" des jeunes délinquants graves.
Dans cet esprit, la marche de demain "constitue un premier pas dans la recherche de réponses adaptées et objectivées (...) pour que le sang ne coule plus" et pour que les jeunes et moins jeunes puissent "à nouveau (se) déplacer librement et en sécurité", conclut le père de l'ami de Joe.